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Les taches invisibles

  • Photo du rédacteur: Sylvia Kersanté
    Sylvia Kersanté
  • 19 juin 2021
  • 4 min de lecture

Depuis quelques temps, chaque soir, en rentrant du boulot ("Hey Ho hey ho on rentre du boulot", ne me remerciez pas pour la chansonnette, c'est cadeau), j'ai pris l'habitude de noter dans mon Bujo les taches accomplies dans la journée. Et parfois, la notation ne correspond pas à la charge de travail réellement mise en œuvre.

La principale cause est la tache invisible, ce truc, qui ne se voit pas, mais qui t'a pris un temps fou.


Par exemple: la phyto-épuration de notre nid.

C'est bien beau de se dire qu'on va faire ça, mais ça implique une foule de choses chronophages, comme faire des recherches sur la législation, les dimensions, ce qu'il faut y planter.

Puis des recherches, encore, mais cette fois celles du matériel (on a fini par opter pour des grandes cuves type abreuvoir à vaches).

Là vous vous dites qu'on va enfin "faire" quelque chose, que neni! Il nous a fallut courir 3 magasins différents, pour réunir les cuves, les tuyaux qui relient les cuves, les passes-parois, les drains (promis, je vous expliquerai ça un peu mieux).

L'air de rien, ça se compte en heures, voir en jours tout ça et concrètement, on n'a encore rien "fait".

Voilà, c'est ça les taches invisibles, car au bout de journées comme celles là, sur mon joli carnet, j'écris "recherches phyto" ou "achat divers phyto", et ça donne presque l'impression qu'on n'a pas fait grand chose.



L'autre type de tache invisible c'est le truc qu'il faut refaire.

L'exemple le plus concret sur notre chantier est l'eau. Je vous en ai déjà parlé plusieurs fois, l'eau est l'élément essentiel à la vie, et pourtant sur notre terrain il est rare et précieux. Pour prétendre à notre autonomie, nous avons réparé la pêcherie des voisins (dont le trop plein arrive sur notre terrain), ce qui nous a pris quelques semaines.


(souvenez vous, ça ressemblait à ça)



Lors de la remise en eau, on a constaté qu'il y avait des fuites, puisque l'eau n'arrivait plus au trop plein.

Nous avons donc, re-vidé la pêcherie, pour la re-réparer, et la re-remettre en eau.

Il s'est avéré que c'était mieux, mais que nous n'atteignions toujours pas le niveau du trop plein.

Nous avons donc opté pour une solution plus radicale: nous avons baissé le niveau du trop plein!

Ce qui signifie que nous avons re-re-vidé la pêcherie, cassé tout un angle du bassin (les manches respectif de la pioche et de la masse aussi), creusé une tranchée pour récupérer le drain et pouvoir le descendre lui aussi; puis nous avons re-construit l'angle avec le trop plein descendu de 30 bons centimètres, re-jointé le tout à la chaux, rebouché la tranchée, et re-re-remis en eau.

La bonne nouvelle c'est que ça a marché!


Au bout de ce drain, nous avons creusé un gros trou, pour y loger 4 cuves d'1m3 chacune (une zone tampon), mais cet hiver avec les fortes pluies, le trou s'est rempli d'eau (...), nous avons donc ajouté une évacuation basse.


(ça ressemblait à ça, cet automne)


Ces 4 cuves sont reliées à notre pêcherie (tranchée, passage de tuyaux, rebouchage de tranchée).

Elles sont aussi reliées à 2 cuves sous notre maison via un système de pompe et de panneaux solaire (recherches, comparatifs, achat, attente de livraison...).

Nous avons d'ailleurs eu la "chance" d'acheter une pompe qui a rouillé au bout d'1 semaine, et lorsque nous avons contacté le vendeur, il nous a demandé comment nous l'utilisions ("dans l'eau?!"... celle là on l'a trouvé vraiment très bonne).

Re-recherches d'une pompe qui ne rouille pas, re-achat.

Puis tranchée pour relier les 4 cuves à celles de la maison, installation des panneaux solaires, et (Hourra!!) ça fonctionne.

Ce chantier de l'eau est en cours depuis le mois de septembre et il est presque abouti (il nous reste quelques tuyaux à installer pour gérer le trop plein des eaux pluviales), mais depuis la semaine dernière, nous pouvons remonter l'eau qui arrive de la source des voisins jusqu'en haut de notre terrain pour arroser les cultures.


Petit récap:

l'eau part de la pêcherie par un système de trop plein

(et là, je me rend compte que je n'ai pas de photo récente, ni en eaux...)


elle arrive chez nous dans ces 4 cuves


là 2 options possibles:

soit tout est plein et elle vient se déverser dans notre mare

(en regardant très attentivement, on aperçoit les panneaux solaires des 4 cuves à droite après la clôture)


sinon, grâce à la pompe alimentée par le panneau solaire, l'eau remonte jusque sous la maison




sous la maison, les cuves peuvent aussi recevoir l'eau de pluie des gouttières, 2 possibilités:

-tout est plein, l'eau redescend vers les 4 cuves, puis la mare

-l'eau peut continuer son ascension jusqu'aux cuves qui sont tout en haut du terrain (toujours avec une pompe et nos grands panneaux solaires + batteries)

(on devine les 2 cuves blanches en haut à gauche, au dessus de la serre)


et grâce à la gravité, je peux arroser la serre et les cultures


Voilà pourquoi ça n'a pas l'air comme ça, mais, quand on a entendu l'eau arriver dans la cuve qui est au dessus de la serre, mon mari et moi avions presque les larmes aux yeux. C'était vraiment un moment magique, et ce soir là dans mon Bujo, j'ai simplement écris "le système de l'eau fonctionne!!!"

 
 
 

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